Category Archives: Rosetta

Rosetta célèbre son dixième anniversaire

Adi Alter, directeur de la gestion des produits, Rosetta

Cette semaine, nous avons célébré un événement tout à fait exceptionnel : le dixième anniversaire du développement de Rosetta. Pour commémorer l’événement, jetons un regard rétrospectif sur les dix dernières années (en anglais) :

Nous avons célébré ensemble l’anniversaire avec les utilisateurs de Rosetta lors de la huitième réunion annuelle du Groupe consultatif Rosetta à l’Université de Sheffield. Les utilisateurs de Rosetta ont discuté des difficultés majeures concernant la préservation numérique future. Ils ont également traité des manières dont les utilisateurs se servent des fonctionnalités d’intégration de Rosetta pour simplifier davantage leurs workflows et faciliter les tâches quotidiennes de préservation et de gestion. Les utilisateurs se sont également joints à l’équipe de direction d’Ex Libris pour discuter de la feuille de route de Rosetta, évoquant leurs besoins futurs en matière de gestion et préservation numérique.

Parmi les principaux orateurs de la réunion de cette année, citons Richard Ovenden, Bodley’s Librarian (directeur des bibliothèques Bodleian) de l’Université d’Oxford et président de la DPC (Digital Preservation Coalition), qui parla des « Fake News and Dark Ads: Why Digital Preservation Has Never Mattered More » et William Kilbride, directeur exécutif de la DPC (Digital Preservation Coalition), qui a traité du sujet suivant « Change is Here to Stay: What Does It Mean and What Do We Need to Do About It? »

Richard Ovenden, « Fake News and Dark Ads: Why Digital Preservation Has Never Mattered More »

Des experts de tout un éventail d’institutions s’exprimèrent sur la préservation des objets numériques complexes, comme les données de recherche et la récolte des sites Web dans Rosetta, le processus de certification d’un système Rosetta en tant que référentiel numérique fiable et le soutien de Rosetta pour le Cadre international d’interopérabilité des images (IIIF).

Anne Horn accueille le Groupe consultatif Rosetta à l’Université de Sheffield

Discours d’ouverture de Bar Veinstein, président d’Ex Libris

Michelle Lindlar, « How Valid is your Validation? JHOVE as the Go-to-Validator within Rosetta »

Franziska Geisser sur « Handling File Format Issues in Rosetta – and Beyond »

Tobias Beinert, « Web Archiving and Rosetta — Achievements and Challenges »

Steven Knight, « Web Archiving and Rosetta — Achievements and Challenges »

Henrike Berthold et Gerald Hübsch sur « Workflow Automation with Rosetta – Experience and Challenge »

Teresa Soleau, « Digital Building Blocks: Rosetta’s Plug-and-Play Ability »

Euwe Ermita, « Digital Building Blocks: Rosetta’s Plug-and-Play Ability »

Un grand merci à la communauté Rosetta pour cette réunion merveilleuse et ces dix années exceptionnelles !

Nous nous réjouissons de vous retrouver l’année prochaine et à la pensée de célébrer de nombreuses autres anniversaires au cours des années à venir.

12e Conférence internationale sur la conservation numérique : Impressions d’un secteur en pleine évolution

Par Robert Bley, directeur de comptes, Ex Libris Royaume-Uni

La 12e Conférence internationale sur la conservation numérique (IDCC) a présenté toutes les évolutions se produisant dans ce domaine passionnant et en plein essor où
bibliothécaires et recherche ne font qu’un. Des « méga » découvertes visionnaires aux applications quotidiennes pratiques, tout y était.

La conférence s’est ouverte par un exposé de Maria Wolters, professeur en conception informatique à l’Université d’Édimbourg intitulé « Rich Information Hides in Missing Data » (Les données absentes recèlent une mine d’informations) qui soulignait que l’on pouvait obtenir autant d’informations des données absentes que des données présentes. Ou pour être plus précis, les schémas d’absence de données peuvent en dire long sur ce que nous savons, ce que nous ignorons et sur l’objet des futures recherches.

Les présentations par affiches ont permis d’obtenir des précisions sur les approches pratiques concernant la saisie, la gestion et la conservation des données de recherche. Parmi les présentations, celles de Jez Cope (responsable des données de recherche) et Laura Peaurt (responsable de la conservation des données) à l’Université de Sheffield ont retenu toute mon attention. La bibliothèque universitaire de l’Université de Sheffield joue un rôle prépondérant dans la gestion et la conservation actives des données de recherche au sein de l’institution. La présentation illustrait le processus de conservation des données dans le cycle de la recherche ainsi que le travail effectué par la recherche pour saisir et conserver les données de recherche et les intégrer à FigShare. La présentation faisait également état des défis innombrables posés par la gestion de multiples types de données non reconnus.

Il était particulièrement intéressant de découvrir comment un nombre toujours plus important de sites font face aux données de recherche. Par exemple la présentation intitulée, Establishing data management services for multi-disciplinary, long-term collaborative research centers (Établir des services de gestion de données pour des centres de recherche collaboratifs, multidisciplinaires à long terme) de Constanze Curdt et Dirk Hoffmeister de l’Université de Cologne ainsi que celle de Fernando Rios des Bibliothèques Sheridan de l’Université Johns Hopkins intitulée A Toolbox for Curating and Archiving Research Software for Data Management Specialists (Une boîte à outils à l’intention des spécialistes de gestion des données destiné aux logiciels de conservation et d’archivage) montraient comment la communauté traite les nombreux problèmes de conservation, de description et d’archivage.

Toutes les présentations de la 12e Conférence internationale de conservation numérique se trouvent ici. Vous pouvez aussi voir quelques photos ici. Je suis impatient de voir ce que l’année prochaine va produire.

Enseignements des pertes de données et nécessité des stratégies de conservation numériques

Adi Alter, responsable de produit senior (Rosetta), gestion et conservation numériques, Ex Libris

On me demande souvent s’il est vraiment nécessaire d’avoir recours à des stratégies de conservation numériques et avec quelle fréquence se produisent des pertes de données en l’absence de telles stratégies. Je crois que la question doit être posée sous un angle différent : Quelle sera le volume des données perdus si un tel événement se produit ? Quelles sont les conséquences d’une perte de données et votre organisation peut-elle y faire face ?

Tout le monde a connu la frustration de perdre une image importante ou de ne pouvoir ouvrir un ancien document créé à l’aide d’un logiciel dépassé. Dans certains cas, toutefois, les dommages peuvent être beaucoup plus importants. Il existe de nombreux exemples de pertes significatives de données. Tous les incidents décrits ci-dessous prouvent que de telles pertes se produisent souvent et qu’elles causent des ravages aux institutions qui en ont pâti.

  • Au cours des années 2000, une équipe d’employés retraités de la NASAs’est lancée dans la recherche des bandes originales sur lesquelles avaient été enregistrées les vues transmises d’Apollo 11 pendant le premier atterrissage sur la lune en 1969. Il fut finalement découvert que lesdites bandes avaient été effacées et réutilisées par la NASA pendant les années 1980, en raison probablement de la pénurie de bandes dont souffrait l’agence à cette époque et parce que ces bandes n’avaient pas été correctement étiquetées.
  • Pendant la révolution égyptienne de 2011, l’Institut d’Égypte,établi en 1798 par Napoléon Bonaparte, fut incendié. En conséquence, l’institut perdit 85 % de ses archives, une perte énorme pour l’humanité.
  • Le 30 octobre 2012, l’ouragan Sandy frappa la ville de New York et détruisit les archives des médias analogiques et numérique du studio collaboratif Eyebeam. Ces archives documentaient les quinze années d’histoire de l’organisation dans les domaines de l’art expérimental et de la technologie.
  • En 2015, une conduite d’eau éclata dans les archives du New York Times, endommageant des photos historiques uniques et d’autres documents. Une heureuse coïncidence permit à un assistant du service d’actualités, à la recherche d’une photo, de découvrir l’inondation en pénétrant dans la « morgue » du New York Times. Sinon, les dégâts auraient pu être beaucoup plus importants.

Qu’il s’agisse d’une catastrophe naturelle, de vandalisme ou d’un manque de normes de conservation, le résultat est identique : une perte irréparable, et dans la plupart des cas, évitable. Certaines de ces institutions ont réussi à restaurer certains documents endommagés en faisant appel à des techniques onéreuses et chronophages. Dans d’autres cas, les documents n’ont pu être sauvés, causant la perte d’images, de cartes, de documents et d’autres ressources irremplaçables. La perte pour notre patrimoine culturel n’est pas quantifiable.

Il aurait été possible d’atténuer les pertes si les données avaient été numérisées et copiées dans plusieurs endroits. Toutefois, maintenant que les données numériques surpassent les données analogiques, ces techniques de conservation traditionnelles ne suffisent pas. Même les documents conservés numériquement peuvent aisément devenir dépassés et inaccessibles en fonction des techniques utilisées. Il est essentiel de veiller à ce que les données numériques restent accessibles au fil du temps et que les évolutions technologiques ne les transforment pas en une série de bits et octets inutilisables. Voici donc les enjeux d’une véritable stratégie de conservation numérique. De plus, il est de notre devoir pour les générations futures d’en créer une.

Pour découvrir comment créer votre propre stratégie de conservation numérique, téléchargez notre récent livre blanc (en anglais) : Current Issues in Digital Asset Management and Preservation.