Category Archives: Le Buzz sur les bibliothèques

Le problème du partage des données et la promesse de BIBFRAME

Shlomo Sanders, directeur technique, Ex Libris

La communauté des bibliothèques comprend la valeur de l’interopérabilité et du partage des données depuis longtemps. Le partage des données économise de l’argent et peut accroître la qualité des données elles-mêmes. Il est important de comprendre que cette valeur implicite est inhérente à la définition d’une norme pour la description des données bibliographiques, telles que MARC 21 et les règles d’encodage qui lui sont associées et peut se trouver dans d’autres normes dont z39.50 et ILL. MARC va même jusqu’à décrire ce qui est au centre et ce qui est local (9xx, x9x et xx9), de manière à délimiter clairement ce qui est partageable et ce qui ne l’est pas.

Le rêve, bien sûr, serait de disposer d’une norme universelle unique et de pouvoir partager aisément les données bibliographiques de toutes les institutions. En passant du niveau institutionnel au niveau du pays, on s’aperçoit qu’il existe de nombreuses variations de MARC. Pour en nommer quelques-unes, je citerai UNIMARC, DanMARC, CNMARC, KORMARC et d’autres plus éloignées comme MAB. Nous remarquons une certaine convergence dans certains pays et régions, comme le remplacement de MAB et de DanMARC (spécifique au Danemark) par MARC21.

La prolifération des fichiers d’autorité (un par pays) constitue un autre problème qui complique l’univers des métadonnées. Ces fichiers n’ont pas seulement des données différentes. Ainsi les autorités MARC21 et UNIMARC possèdent une structure différente, ce qui empêche leur utilisation entre formats.

Au niveau institutionnel, même si une institution utilise la même version de MARC qu’une autre, l’interprétation de la mise en œuvre des règles de codage peut s’avérer différente. Par exemple, la norme MARC rend possible la gestion des identifiants, d’importance cruciale, dans l’utilisation des métadonnées, dans différents champs. 035 est le champ principal de tels identifiants. Toutefois, certains systèmes utilisent le champ 019 à la place. Les institutions qui tentent de réutiliser les métadonnées sont alors confrontées à des choix difficiles. L’utilisation des métadonnées de la manière prévue peut dans ce cas s’avérer difficile. L’institution devra donc traiter chaque notice de métadonnées une fois chargée, ou dans certains cas les corriger manuellement.  Des passerelles sont parfois créées entre les normes de métadonnées. En outre, les institutions mettent souvent en œuvre des routines de fusion et des méthodes de correspondance complexes.

Comme le nombre de bibliothèques gérant des collections numériques ne cessent d’augmenter, elles se mettent à utiliser des formats non-MARC comme Dublin Core, MODS et VRA. Puisque de nombreux exemplaires numérisés décrivent des exemplaires physiques, on peut se retrouver avec deux descriptions séparées, une description des métadonnées en MARC et l’autre dans un format de métadonnées qui prend en charge les exemplaires physiques. Les variations de données et de format rendent la déduplication et le regroupement de telles notices compliqués.

Ex Libris a mis au point de nombreuses solutions alternatives qui s’occupent du chargement et du partage de métadonnées différentes dans ses logiciels matures de bibliothèque. Il a ainsi été possible de simplifier certains problèmes inhérents aux normes de métadonnées différentes, en introduisant toutefois une certaine complexité. Le temps de développement passé à créer ces solutions de rechange aurait pu être utilisé au développement d’autres fonctions et fonctionnalités dont la communauté a besoin.

L’équipe de développeurs d’Alma s’est donc efforcée d’élargir sa vision en englobant la multiplicité des formats de métadonnées et en étendant la portée d’Alma avec une approche unifiée de la gestion des métadonnées. Ceci permet à une institution d’utiliser le même catalogue pour gérer les variantes de MARC et les métadonnées Dublin Core. La prise en charge de manière native des nouveaux formats de données liées tels que BIBFRAME est prévue à une date ultérieure.

Retour au rêve. En adoptant BIBFRAME, la communauté a l’occasion unique d’arriver à un consensus et de créer une norme universelle. La tâche est ardue. Elle exigera collaboration, compromis ainsi que participation active et aide des fournisseurs. Comme dans tout compromis, le résultat risque de ne pas être idéal, mais il aura d’énormes implications sur la capacité des bibliothèques à partager des informations. Il s’agit d’un aspect important car le partage avec des environnements et des systèmes autres que ceux des bibliothèques constitue un des objectifs déclarés de BIBFRAME. Comment peut-on espérer que des systèmes extérieures aient recours à une nouvelle norme lorsque que celle-ci n’en est pas réellement une, même à l’intérieur de nos propres institutions ? C’est la promesse de BIBFRAME.

Pour en savoir plus sur BIBFRAME dans la feuille de route du développement d’Ex Libris, consultez notre récent communiqué de presse.

LE BUZZ SUR LES BIBLIOTHÈQUES – LE RÔLE DE LA BIBLIOTHÈQUE DANS L’ACCÈS AU SAVOIR

Dani Guzman, directeur marketing produits, Ex Libris

Alors que les mois froids (au moins dans les régions nord du globe) placent les visites virtuelles ou physiques à la bibliothèque tout en haut de la liste de nos occupations, nous allons envisager le rôle de la bibliothèque dans l’accès universel au savoir. Qu’il s’agisse d’améliorer la vérifiabilité des sources en ligne, d’assurer que les données utilisées dans des décisions politiques restent à la disposition du public ou de créer une collection représentative riche, les bibliothécaires et autres gardiens de l’information possèdent des pouvoirs importants qu’ils doivent mettre à la disposition des esprits curieux.  Découvrez ce que font certains d’entre eux pour simplifier le flux des informations.

Vérifiabilité, Wikipedia et la campagne #1Lib1Ref

Parmi les ouvrages ou journaux de référence, Wikipedia est-il à classer au nombre des revues à deux sous ? Pas vraiment, selon un expert de la gestion du savoir. Non seulement, Wikipedia n’a rien à envier aux encyclopédies de premier plan en ce qui concerne l’exactitude de ses articles dans de nombreux domaines, mais en plus l’élément communautaire qui soutient la plateforme lui permet de faire appel à une armée de contributeurs dévoués à l’intérêt public pour des initiatives comme #1Lib1Ref, qui encourage les bibliothécaires à faire connaître de nouvelles sources sur des articles existants. Comment cela fonctionne-t-il ? Cliquez ici pour en savoir plus ! >>>   

La revue « Comment un bibliothécaire travaille-t-il ? » 

L’arrivée d’une nouvelle administration à Washington, DC, a provoqué l’inquiétude d’un bibliothécaire de l’Université de Pennsylvanie à propos du maintien des données climatiques sur les sites Internet gouvernementaux accessibles au public. Conjuguant ses efforts à ceux de Data Refuge, un projet qui vise à préserver les données climatiques actuellement consultables en ligne, ce bibliothécaire suit le protocole mis au point par la Bibliothèque du Congrès pour assurer non seulement la conservation des données, mais également leur réplication sous un format facilement disponible. En savoir plus ici. >>>

L’Université occidentale de Sydney offre des manuels numériques gratuits

L’Université occidentale de Sydney a réussi un tour de force génial sur le plan de la gestion des ressources lorsqu’elle a supprimé un obstacle à l’entrée dans l’enseignement supérieur en éliminant le coût des manuels universitaires pour les étudiants de première année. En s’associant à ProQuest et par l’intermédiaire de la plateforme Ebook Central de la société, l’université offrira les manuels requis au format numérique sans frais pour les étudiants. La solution de listes de lecture Ex Libris Leganto permettra d’organiser les livres électroniques et de les rendre accessibles. L’Université occidentale de Sydney utilise aussi la solution pour ouvrir ses collections électroniques. Cliquer ici pour découvrir comme cette avancée est devenue une réalité. >>> 

Cinq questions : Vous avez des questions de santé ? Interrogez votre bibliothécaire à Philadelphie ?

Adoptant une vision élargie de son rôle dans la diffusion du savoir, la Bibliothèque libre de Philadelphie devient de plus en plus une ressource pour les lecteurs qui souhaitent obtenir davantage d’informations sur les problèmes de santé. Philadelphie, qui est la plus pauvre des dix plus grandes villes américaines, occupe aussi le haut du tableau pour tous les problèmes de santé liés à l’obésité, l’hypertension et le diabète. Il n’est donc pas extraordinaire qu’une large partie de sa population ait besoin de conseils pour satisfaire ses attentes dans le domaine de la santé. Découvrir comment les employés de la Bibliothèque libre prennent le relais. >>>

Bibliothécaires du XXIe siècle : Le pouvoir de nos choix

Les bibliothécaires responsables du développement des collections se posent des questions sur les livres les mieux adaptés aux besoins des communautés qu’ils servent, sur la publicité mérité à donner à des écrivains qui seraient sinon négligés et sur l’affichage à réserver à des auteurs représentatifs pour leur offrir une visibilité suffisante. Une bibliothécaire chevronnée fait part de son point de vue sur l’importance du développement réfléchi des collections pour se simplifier « la vie à travers l’expérience d’un(e) autre ». En savoir plus ici ! >>>

Prédiction majeure pour 2017 en ce qui concerne les réseaux sociaux

Si la possession d’un compte Facebook, Twitter et Snapchat est la réponse d’un bibliothécaire à la question « Comment utilisez-vous les réseaux sociaux ? », il existe alors peu de chance que la situation des réseaux sociaux de votre bibliothèque s’améliore, constate l’auteur David Lee King. Une réunion passée en compagnie de vos collègues à examiner les données analytiques sur l’utilisation de chaque plateforme contribuera grandement à découvrir ce qui fonctionne bien et moins bien. Après quoi, selon King, il suffit de définir des objectifs simples pour noter une amélioration sensible de la situation. Cliquer ici pour poursuivre la lecture des suggestions de King. >>>

NISO KBART : Normalisation des transferts de données documentaires entre les bases de connaissances et les fournisseurs de contenu

Christine Stohn, responsable de produit principal, Découverte et diffusion, Ex Libris

L’initiative NISO KBART (base de connaissances et outils liés) a été lancée en 2008. Elle a pris beaucoup plus d’importance au fil des années que prévue à l’origine. Aujourd’hui KBART est non seulement un format largement utilisé dans l’industrie, mais aussi une référence à de nouveaux processus et développements. Avant d’aborder la toute dernière initiative extrêmement intéressante sur les transferts automatiques de collections, je voudrais revenir sur l’histoire de KBART et son objectif initial.

L’initiative KBAR a été lancée à l’origine pour améliorer le transfert de données entre les fournisseurs de contenu et de bases de connaissances. Les bases de connaissances constituent la ressource centrale des résolveurs de liens OpenURL tels que SFX ou 360Link en fournissant aux utilisateurs des liens vers le texte complet d’une référence. Au début des années 2000, le cadre OpenURL a révolutionné la liaison en général existant entre une référence et le texte intégral auquel les utilisateurs peuvent accéder en fonction de leur établissement d’appartenance. Avant d’en arriver là, les liens devaient être gérés séparément dans chaque base de données, alors que maintenant la base de données transfère tout simplement les métadonnées d’une manière normalisée (par l’intermédiaire de la norme NISO OpenURL Z39.88) vers le résolveur de liens. La bibliothèque peut maintenant gérer ses droits d’accès dans un seul endroit, la base de connaissances du résolveur de liens.

Le cadre de liaison OpenURL dépend de deux facteurs : la qualité des métadonnées dans OpenURL et l’exactitude des données de la base de connaissances utilisées par les bibliothèques pour activer et localiser leurs abonnements. Un rapport (« Link Resolvers and the Serials Supply Chain ») réalisé à la demande d’UKSG en 2006 a conclu que l’importance de la liaison OpenURL était mal comprise. Ce rapport décrit par ailleurs les problèmes posés aux utilisateurs par la découverte et la liaison à des textes intégraux auxquels ils devraient pouvoir accéder si les données des bases de connaissances étaient correctes.

À la suite du rapport, UKSG and NISO ont confié la tâche à un groupe de travail, composé de représentants de toutes les parties prenantes, de concevoir un format qui pourrait servir de fil conducteur capable d’améliorer le transfert des données des fournisseurs de contenu aux éditeurs. En 2010, le groupe de travail a publié ses recommandations dans le rapport sur la phase I de KBART. Puis vint la phase II de KBART qui avait pour objectif de fournir des recommandations supplémentaires en particulier pour les packages des consortiums, les livres électroniques et les matériels en accès libre. Les recommandations de la phase II furent publiées en 2014. Depuis lors, le groupe de travail s’est transformé en comité permanent, qui s’est donné pour tâche l’éducation et l’aval du marché.

Création d’une norme pour le transfert automatique des données documentaires propres

Au cours des années, les bibliothèques et les fournisseurs de contenu nous ont fait savoir que KBART était un format non seulement utilisé pour le transfert des données du contenu généralement disponible vers les bases de connaissances, mais qu’il était également utilisé par les fournisseurs de contenu pour fournir des données documentaires spécifiques aux bibliothèques. Ainsi, chez Ex Libris, nous avons ajouté à SFX des options d’importation et d’exportation pour les fichiers formatés KBART afin de permettre aux bibliothèques de localiser leurs bases de connaissances à l’aide de ces fichiers  et d’échanger des données documentaires avec d’autres systèmes et clients.

En 2014, Elsevier nous a contactés à propos de la possibilité d’automatiser les échanges de données documentaires KBART entre leur plateforme de contenu et leur base de connaissances. Il s’agissait d’une aventure passionnante qui nous a permis d’offrir l’automatisation Elsevier dans le cadre de notre premier service de mise à jour automatique (AutoUpdate) destiné à nos clients SFX et Alma en 2015. La version a été très bien accueillie. En 2016, en collaboration avec Ovid, nous avons étendu le service à leur contenu.

Je suis très heureuse que NISO se soit attelé à la tâche de créer des recommandations destinées à ce processus. Le nouveau groupe de travail sera bientôt en place et il est à espérer que ses travaux aboutiront à un soutien plus large de ces processus. Les recommandations seront bénéfiques à toutes les parties prenantes, car elles permettront de simplifier la gestion des données documentaires pour les bibliothèques, d’améliorer l’expérience utilisateur et de contribuer à l’usage accru des ressources électroniques.

Mises à jour automatiques dans Alma et SFX – Rejoignez-nous !