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Le rôle de la bibliothèque dans l’univers de la « post-vérité » et des « fausses nouvelles »

Cet article a été initialement publié dans le Blog de ProQuest.

Le mot de l’année 2016 selon les dictionnaires Oxford : post-vérité

Il est étonnant de constater qu’il y a un ou deux ans, des expressions comme « post-vérité » et « fausse nouvelle » étaient pratiquement inusitées dans le langage courant.

Mais, il existe de nombreux précédents :

– Dès 1992, selon le Christian Science Monitor, un article de la Nation parle de « post-vérité » à propos du scandale Iran-Contra.

– Il est certain que Google et Wikipedia, avec leurs résultats aléatoires et parfois non vérifiés, sont le fléau des bibliothécaires, enseignants et étudiants depuis plus de dix ans. (En fait, d’après  The Verge, « les premiers résultats de recherche Google pendant plusieurs heures [après l’élection] provenaient d’un petit blog conspirationniste qui indiquait à tort que Trump avait remporté le vote populaire ».)

– Il y a dix ans, Stephen Colbert la vedette de l’émission « Colbert Report » avait inventé le mot « truthiness », que l’on pourrait définir comme une vérité que l’on croit être vraie, même si elle n’est pas vérifiée dans les faits ».

– Clickbait, avec ses titres provocateurs et trompeurs, a conduit d’innombrables utilisateurs vers des sites suspects au fil des ans.

– Puis avec la montée en puissance des médias sociaux vinrent les inévitables arnaques et canulars.

L’année passée a vu une augmentation considérable de la post-vérité/des fausses nouvelles, stimulée par le Brexit et les élections présidentielles américaines. Selon le Pew Research Center, en 2016 62 % des adultes tiraient leurs informations des médias sociaux par rapport à 49 % en 2012, bien que la question demandée était alors légèrement différente.

Facebook, Twitter et Reddit sont les plateformes les plus citées par ces utilisateurs, et la majorité d’entre eux ont déclaré découvrir par hasard les articles alors qu’ils se livrent à d’autres occupations sur ces sites.

« Le problème est que les articles légitimes de nouvelles se trouvent mélangés à tout le reste sur le fil d’actualités de Facebook », déclare c/net. « Ceci inclut des histoires de sites Web se faisant passer pour des sites d’informations afin d’exploiter vos clics. De plus, même si vous cliquez sur un lien vers un article bien documenté du Wall Street Journal , Facebook peut vous afficher des articles ayant un rapport provenant de sites qui n’ont pas les mêmes normes ». (Facebook a annoncé en novembre 2016 des mesures de répression à l’encontre des fausses nouvelles, avec une vérification par des organismes tiers et un signalement simplifié des fausses nouvelles.)

L’opinion du service de référence

Les bibliothécaires peuvent-ils réagir aux fausses nouvelles ? Toute tentative constitue un défi certain.

« Nous sommes tellement submergés d’informations qu’il devient difficile de distinguer où se trouvent les informations de qualité ». Cette citation de Nicole A. Cooke, professeur à l’Université d’Illinois, est extraite d’un entretien accordé à The Verge.

« Nous avions l’habitude de demander aux étudiants ‘À quoi ressemble le site Web ? Paraît-il sorti tout droit d’un ordinateur portable d’étudiant ou semble-t-il avoir été réalisé par des professionnels ?’ …Mais ces sites de nouvelles sont si astucieux qu’ils utilisent des interfaces plutôt léchées qui les font ressembler à des sites de confiance ».

L’« Annoyed Librarian » du blog Library Journal dit qu’en théorie, « les bibliothécaires pourraient jouer un rôle dans la lutte contre les fausses nouvelles. Les bibliothèques disposent sans aucun doute des ressources pour vérifier le contenu de tous les articles et ils pourraient bombarder Facebook de rectifications. Le problème est qu’elles ne seraient lues que par les personnes qui sont déjà d’accord sur le contenu, un élément en fait des récriminations à l’encontre de Facebook ».

Mesures

Une nouvelle enquête effectuée par ProQuest auprès de plus de 200 bibliothécaires révèlent les objectifs et défis que posent leurs efforts en vue de maîtriser l’information. Télécharger le livre blanc.

Dans un contexte éducatif où, selon une étude de l’Université de Stanford 82 % des collégiens « n’étaient pas capables de faire la différence entre du contenu sponsorisé à des fins publicitaires et un réel article d’information », les bibliothécaires peuvent contribuer à encourager la maîtrise de l’information.

– Professeur Nicole Cooke : « Lorsque vous voyez un titre licencieux ou que vous êtes confronté à un article au contenu difficile, la tentation le plus souvent consiste à le transmettre sans le vérifier. Vous devez commencer par vous demander : l’information apparaît-elle sur plusieurs sites ou est-elle limitée à Facebook.

– Georgina Cronin, bibliothécaire chargée de la recherche et du soutien à l’Université de Cambridge et rédactrice du blog « Cardies & Tweed » : « Si vous êtes plutôt du type introverti, mettez vos utilisateurs en contact avec une personne qui ne l’est pas. …Donnez l’exemple en partageant de bonnes ressources sur les médias sociaux et en organisant des séances d’apprentissage efficaces sur la maîtrise de l’information, l’utilisation des médias sociaux et la pensée critique, et renforcez les connaissances de vos communautés ».

Mesures en vue d’une meilleure recherche

Pour les étudiants faisant leurs devoirs ou le public à la recherche d’informations, la bibliothèque est un « endroit sûr » permettant de recueillir des faits aboutissant à des conclusions éclairées.

– Lors de recherches sur des sites Internet libres, même des informations simples comme les pages À propos ou Politique de confidentialité, des dates claires sur les articles publiés ou les qualifications de l’auteur faciles à vérifier permettent d’accorder confiance au contenu.

– L’apport de contenu vérifié afin de former la pensée critique peut commencer dès le collège avec des produits comme SIRS Issues Researcher de ProQuest (en tête du classement du Library Journal et un finaliste de CODiE), qui présente de manière équilibrée des arguments en faveur et contre à l’aide d’articles du monde entier.

Research Companion de ProQuest, une solution cloud primée de maîtrise de l’information destinée aux chercheurs et éducateurs, est alignée sur les normes ACRL Information Literacy et Common Core English Language Arts.

La découverte inattendue : 3 moyens importants pour élargir votre recherche

Toute personne engagée sur un projet de recherche sait à quel point une découverte de documents inattendue se rapportant au sujet étudié détient une valeur inestimable. Il existe de nombreux moyens d’y parvenir.

  1. Dans l’univers de la découverte inattendue, les citations – notamment la personne ayant cité un ouvrage et

l’ouvrage ayant fait mention d’une autre – sont sans aucun doute des pistes à suivre pour élargir votre recherche. Le fait de suivre – une piste de citations – peut vous amener à découvrir de nouveaux livres et articles dont vous ignoriez jusqu’à l’existence et vous permettre ainsi d’enrichir votre recherche et vous ouvrir de nouveaux horizons.

2. Le parcours des rayonnages de la bibliothèque

constitue un excellent moyen pour trouver des livres sur un sujet similaire à celui traité dans votre livre d’origine. Les ouvrages dont le sujet est très proche du vôtre se trouveront classés à proximité du vôtre sur le rayonnage virtuel ou réel. Dans l’univers électronique, le parcours d’une étagère virtuelle apporte la même expérience et vous permet de trouver des ouvrages qu’une recherche normale ne vous aurait pas permis de repérer.

3. Le progrès de la recherche est un effort communautaire et l’utilisation des connaissances de la communauté vous permet de trouver des documents intéressants sur votre sujet que vous n’auriez probablement pas été à même de trouver.

C’est exactement ce qu’un système de recommandation apporte. Il recherche les documents utilisés par la communauté au sens large et crée des recommandations en fonction de l’information recueillie. La portée est plus vaste que celle d’une piste de citations, mais toute aussi importante comme source d’enrichissement de votre recherche.

Chez Ex Libris, la découverte inattendue nous passionne. Pour découvrir cinq moyens d’utiliser les services de découverte d’Ex Libris pour améliorer la découverte inattendue, cliquez ici (en anglais).